Exposition « Earth reborn » Nicolas Auvray Gallery New York
Du 2 avril au 3 mai 2026, Anne Manoli expose en duo avec Isabel Aguera à la galerie Nicolas Auvray (NYC)
La galerie Nicolas Auvray est heureuse de présenter une exposition en duo avec les artistes françaises Anne Manoli et Isabel Aguera, deux peintres de la même génération vivant et travaillant à Paris. Leurs pratiques respectives interrogent une relation profondément corporelle et mémorielle à la nature.
Bien que leurs langages visuels diffèrent, Anne Manoli explore la densité de la matière tandis qu’Aguera s’intéresse à la mobilité du geste et du paysage. Leurs œuvres se rejoignent dans une attention commune aux processus organiques, aux cycles de transformation et à la présence du vivant à la surface peinte.
Dans le travail d’Anne Manoli, la peinture se construit par couches successives, dépôts, recouvrements, altérations et débordements de la surface. La toile devient un territoire en formation, semblable au sol ou à la croûte terrestre, où la matière est soumise à des processus d’érosion, de compression et de transmutation. Pigments, textures et reliefs créent des surfaces denses et telluriques, évoquant une lente alchimie des éléments naturels. Chaque couche conserve la trace du temps accumulé, comme si la peinture portait en elle la mémoire profonde de la nature.
Dans le travail d’Isabel Aguera, le geste se déploie dans un mouvement ouvert, animé par la même attention au monde vivant. Paysages, fleurs et formes végétales apparaissent à travers un langage figuratif, gestuel et lyrique dans lequel la couleur agit comme un souffle. Le motif n’est pas seulement observé, il est façonné par la mémoire, la sensation et une expérience intérieure du paysage. La surface devient un espace de circulation entre perception et mémoire, entre présence physique et résonance sensible.
L’exposition ne repose pas sur l’opposition de deux approches, mais sur la reconnaissance d’un terrain commun. Les deux artistes abordent la peinture comme une expérience liée aux forces naturelles, au temps et à la transformation. Qu’elle s’exprime par la stratification de la matière ou par le déploiement du geste, une même attention au monde traverse leurs œuvres : une forme de peinture qui engage le corps, la mémoire et la vision dans un processus continu de formation.
Dans le contexte new-yorkais, l’exposition affirme la persistance d’une peinture contemporaine profondément ancrée dans l’expérience du réel, attentive à la terre, au paysage et aux métamorphoses du vivant. Les toiles deviennent un lieu de passage où la profondeur du temps et l’intensité du présent coexistent, comme si la surface peinte pouvait contenir à la fois la mémoire de chaque couche et la possibilité d’éclosion.
