Biographie

Anne Manoli est née à Paris le 24 Février 1961. Elle réalise très tôt  que la peinture sera le médium favori pour célébrer une nature qui l’a, dès l’enfance, fortement marquée.

C’est avec sa grand- mère, Marie Renaut, qu’elle effectue ses premières peintures.

En 1976, elle s’oriente vers des études d’arts-plastiques. Fascinée par le travail de Van Gogh, Ensor et Soutine, elle peint des séries de foules et portraits expressionnistes matiéristes.

En 1980 elle entre à L’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier du peintre Louis Nallard qui l’encourage.  Le tellurisme de ce dernier ainsi qu’une exposition de De Staël renforcent son attrait pour la matière. La découverte de De Kooning, Pollock, Klein, la libère progressivement d’une figuration expressionniste.  Avec une série de toiles  presque monochromes, aux formes organiques et diaphanes aux larges aplats, elle obtient son diplôme de l’ENSBA en 1983 et sa première exposition personnelle en 1984.

En 1985-1986, elle poursuit son travail en gravant directement dans la matière de la peinture, réminiscence des bas-reliefs égyptiens et syriens qui la rapprochent de son père, Pierre Manoli sculpteur, d’origine égyptienne.

La peinture de Kieffer et Barcelo  l’enthousiasme. En 1988, elle cherche de nouveaux espaces à travers divers collages et superpositions de toiles dont « Pour qui les continents », « Naissance de la baleine ». Sa palette s’assombrit avec notamment  « Mangeur d’étoiles ».

En 1990 son geste se libère dans une série de « Grandes Vasières » et de « Petites Nos » où elle retrouve la jubilation de la vase de son enfance. De ce creuset originel, Anne Manoli va sortir les séries de « Muraille Végétales » (1996), et  « Transmutations » (1997) qui expriment son obsession de l’alchimie de la décomposition. En 1998, des animaux tels  le bœuf, le singe  fusionnent dans ses labours de peinture. Le peintre Astolfo Zingaro découvre son travail  et la met en relation avec le galeriste Nicolas Deman qui lui offre une collaboration fructueuse : se succèderont plusieurs expositions personnelles « Migrations », « Chrysalides », « Après la pluie », de 1999 à 2002 ; la couleur et le geste s’intensifient. A Londres, elle réalise pleinement, en rencontrant les œuvres de Kossoff et d’Auerbach, que la peinture transmet une énergie vitale.

En 2003, à l’instigation de Marion et Yves Guigon, l’artiste conçoit de grands formats  où elle décline les quatre éléments naturels avec des « Grandes tourbières », « Marée blanche », « Grand lapilli », « Asphodèles ».

2004-2005 : Anne Manoli entreprend une série de « Terres d’eaux », paysages aux lignes horizontales qui se répètent tels les ressacs des marées. En  Normandie,  la verticalité des falaises  va donner naissance à une série de  toiles, petits morceaux de terre d’aspect minéral et fragile exposés à la Galerie Guigon « Verts presque tendres » en 2010.

Dès lors la peintre va insister sur « l’objet toile », le dessin formé par les  sorties de peinture  du cadre : dans un premier temps, elle le consolide, dans un deuxième temps,  l’affirme : le débordement de peinture n’est plus le résultat du geste mais une construction préalable.  « L’objet tableau » devient de plus en plus tactile, les bords ainsi dessinés, sculptés donnent l’impression d’une extraction, d’un arrachement. En 2013, la Galerie Mézières présente une monographie: ” La Passagère” ainsi qu’une exposition d’une série de toiles, mise en abime d’un bout de terre (une île) où le temps érode la surface. Devenue matte, la lumière diffuse une énergie plus sourde. Poursuivant la “ minéralisation “de la peinture, son travail rejoint l’art pariétal et la fresque. 

2016, reprise de la collaboration avec le Galeriste  Nicolas Deman qui lui insuffle une nouvelle énergie et expose : ” Le banquet des Nymphes “, l’univers crépusculaire du marais se déploie dans de grandes toiles où la matière se libère; 2017 ” Sauvage est le vent ” quatre grands formats éloge aux quatre grands moments d’un jour ou d’une année ; 2018 “ Les moires “, Anne Manoli fait apparaitre entre deux surfaces un monde souterrain de formes en circulation, en mutation qui font surgir en leurs trajectoires des ilots de matières tout en les raccordant; métaphore de la peinture qui pour le peintre est un organisme vivant.

 

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